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L’histoire du peuple lao et la formation de l’Etat lao

Les origines des Lao ou Lao-tai peuplant le Laos actuel ainsi qu’une partie du nord-est du Myanmar, du nord et nord-est de la Thailande, du nord du Cambodge et du nord-est du Vietnam sont lointaines. En effet selon les chroniques établies par A. Padijon, le peuple lao ou lao-tai serait issu des mêmes ancêtres qui s’appelaient les « tai » vivant dans le sud de la Chine qui sont eux-mêmes descendants des Yues ou Aïlao.
Les peuples Yue ou Aïlao, toujours selon la même source, sont au nombre d’une centaine de millions et vivent dans cette région du sud de la Chine sous différentes identités et ethnies parlant des dialectes ou langues de la famille des Aïlao.
Remontons aux époques lointaines. Le Royaume Aïlao de Nanchao englobant les régions de Yunan, de Sichuan et la moitié de la Birmanie fut à son apogée du 8ème au 13ème siècle.
Dès le 6ème siècle, le Nanchao devient déjà puissant en unifiant d’autres cités-états aïlao. Les Aïlao de Nachao ( Nong Sè) se convertissent au Bouddhisme Mahayanisme, religion dominante à l'époque des Tang (618-907).
Une partie des Aïlao, sous différentes identités ( Lao, Taï, Shan…) explorent de nouveaux territoires plus au sud et y migrent. Ils fondent trois cités-états : Xieng Maï, Xieng Hai, Xieng Sène qui sont par la suite unifiés sous le nom de Lao Lanna (638).
De 649 à 748, trois souverains ont régné à Nanchao dont Khun Boulom est descendant.
Les lao constituent une branche du peuple taï qui s’est fixé entre les Thai de la vallée du Ménam et les Vietnamiens de la côte orientale. Leur établissement n’a pas pris l’aspect d’une invasion, mais d’une lente infiltration.

D’après P. Pelliot, les textes chinois mentionnent la présence, au VIIIème siècle, de populations lao sur le haut du Fleuve Rouge. Par la suite, les Lao se seraient divisés en quatre rameaux principaux : les Lao Yuan du Lanna, dans le bassin du haut Ménam ; les Lao Lu du Sip Song Phan Na, sur le haut Mékong ; les Lao Phouan établis dans l’actuelle Xieng Khouang ; enfin les Lao du Moyen Mékong qui organisent plus tard le royaume de Lan Xang.
Les annales lao conservent le souvenir de cette partition de la population. D’après les textes légendaires cité dans le livre sur la Mission Pavie, le premier roi lao, Khun Boulom, après avoir célébré une cérémonie pour le sacre de ses sept fils, partagea entre eux son royaume : les quatre premiers reçurent le Lan Xang, le Lanna, le Sip Song Phan Na et le Mouang Phouen.

Ces Lao étaient depuis longtemps en contact avec la civilisation chinoise, et, surtout, avec le bouddhisme par la route qui joignait l’Inde à la Chine par l’Assam et le Yunan.

La légende de Khoun Boulom

L’histoire de la plupart des nations ou pays est souvent précédée par une légende. Un mythe qui explique l’origine du peuple ou celle des premiers rois, comme l’a souligné M. Vothu Tinh.
Ainsi donc, la période légendaire de l’histoire de la Chine débute par le mythe du patriarche P’an Ku ; celle du Japon par la déesse du Soleil Amateseru ; de la Thailande par celui du roi Kham Dèng ; du Cambodge par celui du Nagaraja ; du Vietnam par celui du Cong Rong Chan Tien ou de la descendance des Dragons ; celui du Laos par la légende de Khoun Boulom
.De toutes les versions écrites sur Khoun Boulom, la plus ancienne, selon Maha Sila, a été écrite en 1503 par Maha Thep Louang sous le règne du roi Visounrath (1501-1520).La deuxième version, toujours selon Maha Sila, fut écrite sous le règne du roi Sènesoulintha (1580-1582) par le Vénérable Anrinha Vongso.
C’est grâce aux versions successives écrites sous divers règnes qu’on a pu retracer l’histoire du Laos et la perpétuation de la dynastie de Khoun Boulom (728-748), avec Khoun Lo, son fils aîné, comme premier souverain de Muang Swa Lan Xang (747) qui fut également chargé de gouverner Nan Chao (Yunan).